( 25 janvier, 2009 )

étudier à Bordeaux 2

Et voilà… on est arrivé au dernier texte de mon blog. Je ne pouvais pas finir sans parler de mes études à Bordeaux, la raison pour laquelle je suis venue ici. Je suis étudiante à l’Université Victor Segalen Bordeaux 2, qui est une université fondée en 1970 et qui rassemble des disciplines des sciences de la santé, des sciences de la vie et des sciences humaines et sociales. L’université porte le nom de celui qui a fait ici ses études de médecine et qui est à la fois poète, médecin de marine, ethnographe et archéologue français.

Je fais mes études dans le domaine des sciences humaines et sociales et je suis inscrite en Master 2 psychologie du travail, parcours professionnel. Je suis tous les cours de ce master du premier semestre (parce que je suis venue seulement pour un semestre). D’habitude les étudiants Erasmus choisissent des cours de plusieurs années d’études (licence, master 1 ou 2), mais moi, j’ai trouvé tout ce qui m’intéressait dans le programme d’enseignement de ce master 2 et comme ça je n’ai pas eu des difficultés à choisir les cours. De début, je dois souligner le fait qu’étudier à Bordeaux 2, ce n’est pas facile, surtout quand on est en master 2. Avant de venir en France j’ai entendu beaucoup d’histoires racontées par des anciens Erasmus, qui disaient que c’est facile et léger étudier dans un autre pays, qu’ils s’étaient divertis la plupart du temps et que cette période Erasmus avait été pour eux comme une vacance prolongée. Mais si quelqu’un a l’intention de venir étudier à Bordeaux 2 seulement pour prendre une vacance, ça serait mieux qu’ils renoncent ou qu’ils choisissent une autre destination, parce qu’ici le programme est chargé et le rythme d’étude assez alerte.        

Je vais commencer par dire que l’Université est très bien située, en centre ville, sur le site de la Victoire. Même si j’habite un peu loin (sur Pessac), je prends le tram jusqu’à la Victoire et comme ça j’y arrive en 30 minutes. Le bâtiment de l’université est très grand et très beau, et au début on a vraiment besoin d’un plan du bâtiment pour se débrouiller. J’aime beaucoup la cour intérieure, où on peut rester pendant la pause, manger ou boire un café. Le restaurant universitaire est très proche de l’université et si on a une pause plus longue entre les cours on peut y aller pour manger (ce n’est pas cher parce qu’il y a des prix spéciales pour les étudiants). Mais l’université est proche de la rue Saint-Catherine aussi, qui est la plus longue rue piétonne d’Europe et la plus grande artère commerçante (ici on peut trouver des centaines de boutiques, des grands magasins, des restaurants, des glaciers et des salons de thé). Cette rue est très fréquentée, surtout les samedis.

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En ce qui concerne l’inscription à l’université, je croyais qu’elle serait difficile et qu’elle prendrait trop de temps. Mais par contre, cela a été très simple à faire, parce que tout est très bien organisé et il y a plusieurs personnes qui s’occupent des différentes choses (le dossier d’inscription, le choix des cours, la validation du programme). Je trouve que cette distribution des responsabilités entre les personnes est utile pour eux parce qu’ils n’ont pas une surcharge de travail et pour les étudiants aussi parce que si quelqu’un  a un problème il sait à qui s’adresser pour le résoudre dans le moindre délais possible.       

Il y a beaucoup de différences entre ce master et le master que je fais en Roumanie, même en ce qui concerne l’emplois du temps. Ici, il est très chargé, j’ai des cours presque tous les jours, de 9 h à 17 h, avec une pause de 2 h à midi. La présence aux cours n’est pas obligatoire, mais je préfère y aller pour mieux comprendre, pour pouvoir travailler avec mes collègues et pour clarifier les choses que je n’ai pas compris. Chez nous, en Roumanie, l’emplois du temps n’est pas si chargé. On a moins de cours et ils ne sont pas programmés le matin, mais le soir (d’habitude à partir du 17 h). C’est une bonne solution parce que la plupart d’entre nous travaille et comme ça on n’a pas que la soirée libre pour venir aux cours. Ici mes collègues ne travaillent pas, cela serait difficile avec l’emplois du temps qu’on a.

Une autre différence est constituée par le fait qu’en Roumanie il y a seulement 4 matières dans un semestre, et ici il y en a plusieurs, mais elles peuvent être groupées dans des catégories: psychologie de travail (formation, sélection, insertion, orientation, clinique de l’activité, évaluation, bilan de compétences, santé et pathologie au travail, le vieillissement au travail), droit du travail, économie, ergonomie, psychologie cognitive. Les cours (leur majorité) sont très intéressants et offrent une autre perspective sur le domaine que les cours de chez moi, mais j’ai aussi des cours très ennuyants et c’est encore pire s’ils ne sont pas bien organisés et présentés. En Roumanie les cours sont soutenus seulement par des professeurs, mais ici il y a aussi des intervenants qui présentent des cours et cela est très utile parce qu’ils viennent avec une expérience de travail acquise sur le terrain et ils ont plutôt une approche pratique et moins théorique.  

Avant de commencer les cours ici, j’avais peur que les enseignements seraient centrés sur une approche psychanalytique, sachant qu’en France c’est la psychanalyse qui domine. Mais dans le domaine de la psychologie du travail, une telle approche ne serait pas utile parce que les psychologues du travail ne sont pas de thérapeutes, mais des intervenants qui font des actions-projet ou des actions-réalisation dans le cadre d’une organisation. Heureusement, l’approche n’est pas psychanalytique, mais plutôt cognitive et sociale. Le master que je fais chez moi est centré sur la psychologie sociale appliquée et de plus il est interdisciplinaire et combine la psychologie et le management. En France c’est une autre perspective et c’est exactement ce que je voulais: avoir une autre perspective sur le domaine, une autre manière de traiter les choses, ne pas me limiter à une seule approche. Si en Roumanie l’accent est mis sur des études quantitatives, sur l’utilisation des questionnaires et le recueil de nombreuses données, ici on met l’accent surtout sur les études qualitatives, réalisées par des entretiens et des techniques de dynamique de groupe. Une chose que je n’aime pas ici, c’est qu’en pratique on utilise toujours la graphologie (pour faire des sélections, des évaluations), qui n’est pas une méthode valide. Et ce qui est étonnant est le fait que même si à l’université on apprend que cette méthode n’est pas valide et donc elle n’est pas recommandable à être utilisée, quand on travaille on fait appel à elle en étant conscient de sa faiblesse (c’est peut-être la pression des demandeurs).

Sauf la psychologie du travail, j’étude aussi l’économie de l’entreprise et le droit du travail. Ma chance est que la comptabilité roumaine est faite après le modèle français, donc elles sont presque pareilles, et entre le droit du travail de Roumanie et celui de la France il y a assez de ressemblances.               

Une chose qui m’a frappée du début a été le fait que plusieurs professeurs n’avaient pas de présentations (sous forme des diapos en PowerPoint, par exemple), mais ils préféraient dicter. Et mes collègues écrivaient tout ce que le professeur disait, sans réfléchir si c’était vraiment important. Je n’avais pas l’habitude d’écrire beaucoup en cours, parce que chez nous on ne le faisait pas, on avait des applications, des présentations ou des discussions sur des thèmes préétablis. Ici on a des cours où on écrit beaucoup et parfois c’est difficile parce que pas tous les cours sont organisés et structurés et donc ils sont difficiles à suivre et à comprendre. Et si on rajoute à cela le manque de la présentation, le grade de difficulté augmente. Mais la prise des notes devient plus facile si on utilise les abréviations (à condition qu’on comprenne après ce qu’on a écrit). Mais quand je suis très fatiguée, je dois faire des efforts supplémentaires (et parfois je n’y arrive pas) pour me concentrer aux cours 6 heures par jour, comprendre le professeur et aussi prendre des notes. Surtout quand on a le même cours toute la journée, avec le même professeur, cela devient monotone.   

Ce que j’aime davantage à ce master est le fait que la liberté de s’exprimer est encouragée. Chacun peut dire ce qu’il pense, peut exprimer son opinion. Il n’y a pas de questions bêtes, ou de bonnes solutions universellement valables, mais des solutions optimales. J’aime aussi la bibliothèque de l’université, parce qu’on peut trouver beaucoup de livres et de revues et on peut avoir accès à certains d’entre eux directement sur l’Internet, sur le site de l’université. Une chose que je n’aime pas, c’est le fait qu’on n’a pas une salle à nous pour les cours, mais on doit toujours changer de salle dans des divers bâtiments.

Mais malgré les difficultés, les inconvénients et les choses que je n’aime pas, je ne regretterai jamais le choix que j’ai fait, d’étudier à Bordeaux 2. C’est une expérience unique (on ne peut pas être étudiant Erasmus qu’une seule fois dans la vie!), qui ouvre des nouveaux perspectives professionnels et enrichit les connaissances dans son domaine d’études, mais qui a aussi un grand impacte sur le plan personnel, sur le développement de soi et la conscience de ses propres limites et capacités.  

( 20 janvier, 2009 )

mes soirées

Parler de mes soirées, ce n’était pas une de mes priorités, parce qu’elles peuvent sembler très monotones et atypiques pour un étudiant Erasmus. Je ne sors pas souvent dans une boîte et je n’ai pas l’habitude de faire la fête, peut-être je suis trop vieillie pour ça. Je préfère rester chez moi et passer mes soirées avec mon amie qui habite dans le même village universitaire que moi. On se voit tous les jours, on fait les courses ensemble et on partage bien des choses. Je crois que ça sera très difficile pour toutes les deux quand je partirai. C’est étrange comme on a lié une telle amitié dans un temps si court (je la connais depuis 4 mois, dès que je suis arrivée ici). Ce qui est contraire à mon habitude de garder la distance face aux personnes, parce que je n’aime pas m’approcher trop, m’en attacher. C’est mon mécanisme de défense contre les éventuelles séparations de personnes qu’on aime et qui génèrent toujours une souffrance. Mais même si je vais partir et on ne sera plus proches l’une de l’autre (du point de vue physique) ça ne veut pas dire que notre amitié finira. Je garderai toujours une place dans mon cœur pour elle et j’espère qu’elle fasse la même chose pour moi.

Quand je ne suis pas avec mon amie, j’aime rester seule avec la musique et me laisser emporter par elle vers d’autres mondes, rêver avec les yeux ouverts. J’aime la solitude, mais pas l’isolation. On doit bien distinguer entre les deux: l’isolation, ça veut dire l’absence de l’autre, mais la solitude signifie la présence de soi-même…

Mais comme l’homme est au fond un animal social (comme le disait Aristote), ça m’arrive parfois de sortir en ville. Et récemment c’est passé quelque chose qui m’a fait changer d’avis et aborder ce sujet sur mon blog, parce que finalement j’ai des choses à raconter. Et vous allez voir ce qui se passe quand je me décide de sortir en ville…

Bien sûr que j’ai choisi (comme d’habitude) la journée «parfaite» pour sortir : un vendredi quand il y a eu la grève des trams et bus. Mais parce que j’avais appris qu’il y avait un spectacle sur le patinoire de la place Pey Berland (et moi, j’aime beaucoup le patinage artistique mais je n’ai jamais eu l’occasion d’assister à un spectacle), je me suis décidée d’y aller, malgré la grève. J’ai parlé à quelques amies et elles sont venues avec moi. Avant de partir, j’ai regardé sur le site de TBC (Tram et Bus de la CUB) et j’ai été tellement rassurée parce qu’il y avait marqué que les bus de nuit circulaient, même ceux vers la direction Pessac. Donc pas de problème pour le retour… seulement qu’on devait rester en ville jusqu’à 1 heure de la nuit, quand on pouvait prendre le bus. Et voila… nous sommes parties de chez nous et la distraction a commencé… après une promenade d’une heure et demi jusqu’au Grand Théâtre (où on devait rencontrer une autre amie), on s’est arrêté d’abord au Marché de Noël – où je n’ai pas pu boire du vin chaud  parce que j’étais sous antibiotiques emoticonedonc la soirée n’a pas commencé très bien… puis on est allé manger (on avait faim après tant de marche à pied). Comme ça on est arrivé en retard à la place Pey Berland et là-bas… pas de patinage. Et j’ai compris qu’il n’y avait eu pas du tout. Le patinoire était là, bien sûr, mais je ne pouvais pas voire que des gens qui patinaient et qui tombaient… joli spectacle. J’avais fait tout le chemin pour rien et j’étais très déçue. Mais comme j’étais là, tout prêt de la plus grande bûche du monde, j’ai voulu profiter de l’occasion et en manger une tranche. Il y avait beaucoup de monde qui voulait la même chose, donc j’ai dû attendre en faisant la queue. Mais ce n’était pas ça le problème, c’est que je n’ai pas aimé la bûche qui était excessivement sucrée. La soirée allait de pire en pire et c’était encore au début. J’aurais voulu rentrer chez moi, mais comme il n’y avait pas de trams et comme il faisait nuit, je ne voulais pas marcher à pied. Alors, on a cherché un bar à Victoire où on pouvait rester jusqu’à 1 h. D’abord, on est tombé sur une place où ils transmettaient un match de rugby (qui n’est pas du tout parmi mes sports préférés) et après le match… encore «mieux»… la soirée house a commencé. C’était vraiment insupportable, donc on est parti chercher un autre bar, toujours à Victoire parce que c’était la plus proche. Mais tous étaient pareil: musique forte et beaucoup de monde, deux choses que je n’aime pas. Je préfère les bars tranquilles, où on peut venir avec des amis, s’asseoir à une table pour boire un verre de vin et parler (et je dis parler… pas hurler). A la fin on a trouvé une place plus tranquille (qui était plus à mon goût mais que mes amies n’ont pas trop aimé) et on y est resté jusqu’à 1 h. Puis on est allé au bus et on a attendu. J’étais contente, je me voyais déjà chez moi, dans mon lit…  mais c’était à l’arrêt de bus qu’on a eu la plus grande surprise de la soirée: le bus vers Pessac ne circulait pas. J’était étonnée parce que sur le site c’était marqué autre chose; à la fois étonnée, fatiguée et furieuse… on ne voyait qu’une seule solution: marcher à pied. Et cette solution n’était pas du tout attirante surtout parce qu’elle semblait risquante à cette heure. Prendre un taxi, c’était trop cher, parce qu’on était seulement 2 personnes (les autres filles avec lesquelles on est sorti ont la grande chance d’habiter à Bordeaux…) mais on a eu un peu de chance et on a rencontré une fille et un garçon de Turquie. Ils attendaient le bus aussi, donc on a décidé de prendre un taxi et de partager l’argent. Mais comment faire pour trouver un taxi à Victoire? On a demandé les gens, même les policiers qui étaient là, et la seule réponse était qu’on devait aller à la gare et puis prendre le taxi. Ce qui était cher et supposait de faire un chemin supplémentaire. A la fin, on était tous résignés et préparés à marcher à pied, mais comme dans les films où tout se passe au dernier moment on a vu un taxi et on a fait des gestes désespérés pour qu’il s’arrêtât. Cela a coûté cher mais au moins nous sommes arrivés chez nous.

Comme une conclusion: pour ceux qui n’aiment pas les places trop bruyantes et les discothèques, les bars de la Victoire ne sont pas le meilleur choix.  Par contre, on pourrait choisir un bar à vins ou un irish pub (il y en a un très joli qui s’appelle The Blarney Stone – il se trouve sur le cours Victor Hugo, entre la rue Saint Catherine et le Musée d’Aquitaine; on peut y trouver une très bonne ambiance, une excellente bière et, pour manger, des menus pas trop chers). Ou s’il ne fait pas trop froid, on peut choisir l’une des terrasses qui se trouvent partout et que j’aime bien. Pour ceux qui sont amateurs de culture, ma recommandation est le Grand Théâtre, où on peut assister à des concerts symphoniques exceptionnels (j’ai vu l’Orchestre National Bordeaux Aquitaine jouant Schnittke, Mozart et Brahms et cela a été impressionnant) ou le cinéma Utopia où on peut voir d’autres films que ceux de box office.

Mais n’importe où vous allez, ne sortez pas en ville quand il y a la grève des trams et surtout ne prenez pas pour argent comptant tout ce qui est écrit sur le site du TBC. Cela si vous n’avez pas envie d’éprouver des fortes sensations en marchant à pied au milieu de la nuit ou si vous n’avez pas d’argent pour prendre le taxi (c’est le cas pour la plupart des étudiants Erasmus). Quand même, je tiens à „remercier” la mairie pour les spectacles qu’elle offre, et le réseau TBC qui est tellement gentil et qui pense à moi tout le temps: c’est grâce à lui que je réussis à me maintenir en forme. En plus, il m’a offert la chance (peut-être unique pendant mon séjour en France) de vivre l’expérience d’aller en taxi à Bordeaux. Ici le transport en commun est dans la plupart du temps perturbé: un jour c’est la grève et les trams ne circulent pas, l’autre jour il y a un accident ou un collet suspect qui entraînent des interruptions, puis il y a des manifestations qui donnent lieu à des perturbations sur le réseau…c’est définitivement une chose que je n’aime pas à Bordeaux.

PS: parce que je suis arrivée aux remerciements, je dois aussi « remercier » la CAF (ça n’a rien à faire avec le TBC, mais ça mérite être mentionné). La CAF est la Caisse d’Allocation Familiale qui offre des prestations familiales et des aides au logement. Elle me fait sentir comme chez moi, en Roumanie: la même bureaucratie et le même ralentissement à traiter le dossier. Ça fait déjà 3 mois et demi que j’ai déposé mon dossier et je n’ai pas encore reçu l ‘argent  pour le logement. Ils ont toujours besoin de documents supplémentaires et j’ai fait plusieurs visites chez eux jusqu’au présent. Chaque fois c’est la même histoire: vous devez attendre encore 3 semaines… les choses vont se régler. J’ai la forte impression que ça ne finira jamais. Je partirai et mon dossier sera toujours à l’attente…

 

 

( 9 décembre, 2008 )

Saint Emilion

magnifique cité médiévale… à découvrir pour ses vins, mais surtout pour le mélange entre le passé et le présent… parfois on a l’impression d’être entre deux mondes…

Saint Emilion
Album : Saint Emilion

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( 23 novembre, 2008 )

Bourg sur Gironde

Ma deuxième sortie aux alentours de Bordeaux (et la dernière, jusqu’à présent) a été la visite de Bourg sur Gironde, une jolie cité médiévale située à 35 km au nord de Bordeaux, sur les bords de la Dordogne, près de l’estuaire de la Gironde où les eaux de la Garonne se mêlent à celles de la Dordogne. Même si le nom officiel de la cité est Bourg, elle est souvent appelée Bourg sur Gironde, d’une manière informelle. Cette sortie a été, elle aussi, organisée par la Mission Vie Étudiante, donc j’ai eu l’occasion de revoir beaucoup de personnes qui avaient été avec moi à l’Aventure Parc et à la Dune du Pyla. 

Les cités médiévales, pleines de traces du passé, sont fascinantes. Elles nous aident à redécouvrir le passé et, comme le voyage dans le temps est impossible du point de vue physique, il ne nous reste qu’à faire ce voyage imaginaire, aidés par l’architecture de la cité, par son air chargé d’histoire. Il semble que la modernité ne peut pas toucher ces lieus archaïques. Bourg est un tel lieu, une cité ancienne et pittoresque. Crée au quatrième siècle, elle a été un centre commercial très important. À l’époque romaine, grâce à son emplacement au confluent de la Dordogne et de la Garonne, elle est devenue une ville fortifiée, un site stratégique au bord de la Dordogne. Pendant le Moyen-Âge, elle avait le statut de commune et l’aspect d’une cité italienne. C’est ici que le cardinal Mazarin et la reine Anne d’Autriche ont établi la capitale de leur royaume, en 1650.

On est parti vers Bourg en péniche, et le voyage a été long… 2 heures de monotonie et d’ennui, surtout à cause de la pluie et du froid, qui nous ont empêchés de rester sur le pont. L’arrêt de la pluie et l’apparition d’un arc-en-ciel m’ont fait sortir de l’état de somnolence dont j’étais. Une fois arrivés à Bourg, on a commencé notre visite (accompagnés par un guide), en partant de la ville basse qui se trouve près du port pour arriver après à la ville haute. La ville semblait être abandonnée et je me sentais comme un personnage d’un film avec des fantômes. De temps en temps on voyait un homme ou une voiture passant dans les ruelles. C’est vrai que c’était le 31 octobre, juste avant la fête de Toussaint, peut-être c’était pour ça qu’il n’y avait pas beaucoup de monde.

Même si Bourg est une petite cité, il y a beaucoup de places à visiter. D’abord, on a visité le lavoir municipal, construit en calcaire blanc, le lieu où les femmes lavaient leur linge. Les hommes avaient l’habitude de nommer ce lieu « la Chambre des Députés », car les femmes profitaient de l’occasion de se rencontrer ici pour parler et pour véhiculer tous les informations concernant la cité et ses habitants. Le lavoir est encore utilisé par quelques femmes qui désirent garder la tradition. Près du lavoir il y a une fontaine, avec un fronton le plus probable gallo-romain. Elle alimente la piscine actuelle de Bourg.

Ensuite, on a visité plusieurs places, dont chacun avait son histoire et son charme: la Maison Mauresque, avec son architecture orientale, un peu bizarre parmi les autres édifices de Bourg construits d’une manière totalement différente; la Porte de la mer, qui a été construite pendant le 13ème siècle et qui a été plus tard élargie à la base pour permettre l’accès des charrettes; la Porte de la Goutinière, dont le nom vient du fait qu’elle servait d’évacuation aux égouts de la ville; les Halles où on tient toujours le marché; l’hôtel de la Jurade, situé sur la place de la Halle, est le lieu où jadis se réunissaient les jurats et qui aujourd’hui est le siège de l’Office de Tourisme; le Château de la Citadelle, qui comporte seulement un rez-de-chaussée et qui est l’ancienne résidence des archevêques (aujourd’hui il sert de salle communale pour des divers manifestations; son parc arboré donne sur la Dordogne et offre une vue magnifique).  

On a vu aussi l’escalier du roi et on a mangé des figues en se rappelant du roi Louis XIV et en découvrant l’histoire de cet escalier. La légende du figuier du roi dit que, alors que le futur roi était en visite à Bourg et qu’il montait cet escalier, il a voulu manger des figues. Mais comme il était trop petit, il n’arrivait pas à les attraper. Il a été aidé par un moine qui l’a soulevait afin qu’il pût prendre les fruits. Mais c’était interdit de toucher le roi et les gardes, qui ont vu la scène, ont pris le moine et l’ont jeté en prison, sous l’accusation de crime de lèse-majesté. Le futur roi, très fâché, a raconté cette histoire à sa mère, la reine Anne d’Autriche, qui a ordonné la libération du moine. C’est ainsi que le nom de cet escalier est né.

Sauf tous ces monuments et vestiges, la ville elle-même dégage un air médiéval, avec ses rues étroites et l’architecture des maisons datant du 18ème siècle, avec les façades où on peut voir les mascarons (surtout sur les façades des maisons qui se trouvent sur la place de la Halle). La cité est entourée de remparts moyenâgeux qui viennent une fois de plus à renforcer son aspect ancien et médiéval. On a vu même un très vieil arbre, avec une forme vraiment bizarre. Il est si vieux qu’il doit être soutenu pour qu’il ne tombe pas.

Et comme Bourg fait partie d’une région d’appellation vinicole de notoriété internationale (Côtes de Bourg), on ne pouvait pas finir notre visite sans aller à la Maison des Vins pour une dégustation. Cette dégustation très attendue a été pour moi une désillusion, parce que je n’ai pas aimé les deux vins qu’ils nous ont offerts. L’excès de tanin les rendait amers, astringents et ils laissaient une sensation de dessèchement en bouche. Après la dégustation, on est retourné sur la péniche et on est reparti pour Bordeaux. Pendant 2 heures, le même ennui nous a accompagnés, le même temps froid et le même vent qui ne cessait pas de souffler. Notre voyage dans le passé était fini…

Voilà quelques photos de Bourg, pas trop, parce qu’il m’est arrivé un truc auquel je ne m’attendais pas du tout: les batteries de mon appareil photo se sont déchargées… emoticone

Bourg sur Gironde
Album : Bourg sur Gironde

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( 23 novembre, 2008 )

mes sorties alentour

Ma première sortie en dehors de Bordeaux a été à l’Aventure Parc de Biscarrosse plage (pour faire des AccroBranches) et à la Dune du Pyla. Cette sortie a été organisée par la Mission Vie Étudiante pour les étudiants étrangers à Bordeaux. Ça a été  une journée très fatigante, mais en même temps excellente et inoubliable. J’ai connu beaucoup de monde qui venait de divers pays, j’ai eu l’occasion d’expérimenter des sensations fortes dans les arbres et surtout j’ai vu l’océan pour la première fois dans ma vie. 

Je dois avouer que j’ai beaucoup hésité à m’inscrire pour cette sortie. Je pensais qu’il serait si difficile et risquant de faire des AccroBranches et je n’avais pas du tout envie de passer mon temps à Bordeaux avec un pied ou une main cassée. D’habitude j’aime être entière et avoir tous les membres à leurs places et en bon état! De plus, je ne connaissais personne et je croyais que j’aurais des difficultés à m’intégrer dans un groupe et l’idée de passer une journée entière toute seule parmi les autres n’était pas très attractive. Mais voilà… aujourd’hui je suis vraiment contente de m’y être inscrite, parce que les choses ne se sont pas passées comme je l’imaginais. J’ai connu d’autres personnes au même moment où je suis arrivée au bus et le groupe s’est formé facilement. Bien qu’on se soit à peine connu, on a passé une très belle journée ensemble.

Le premier arrêt, on l’a fait à l’Aventure Parc. Situé à seulement 45 km de Bordeaux et près du bassin d’Arcachon, ce parc donne la possibilité de faire un parcours acrobatique en hauteur, dont le principe est de se déplacer dans les arbres. L’hauteur des jeux varie, selon le parcours, de 3 à 14 mètres. Il y a 4 parcours avec des degrés de difficultés différents: le jaune, le vert, le rouge et le noir. Après être arrivés, on nous a mis à disposition l’équipement complet (combinaison de protection, baudrier et longes de sécurité, poulie avec des mousquetons automatiques et gants de protection). On s’est équipé et ensuite on a été informé des consignes de sécurité par un support vidéo. Et puis, on pouvait commencer, la forêt était à nous. Quand j’ai vu tout ça, je me suis dit qu’il s’agissait de quelque chose de difficile si on faisait tant de préparations! Je me voyais difficilement réussir à faire plus qu’un parcours. Enfin, le début du premier parcours a été fait avec des émotions, mais très vite je me suis rendue compte qu’il n’était pas du tout si dur comme je le croyais. Et en ce qui concernait le risque, il n’y en avait aucun: on était en toute sécurité, parce qu’on suivait toujours la ligne de vie qui était marquée (donc même les gens qui avaient la tête dans les nuages étaient en sécurité). En même temps, on était en permanence suspendu d’un câble d’acier très gros avec des fixations doublées. De plus, on était tout le temps surveillé par un personnel qualifié. Bref, tout ça s’est si bien passé et on s’est tellement diverti (avec les tyroliennes, les filets à grimper, les sauts…), que je ne me suis pas arrêtée après le premier parcours! A la fin j’étais très fatiguée et je me suis reposée un peu dans un hamac avant de partir (mais pas tant que je l’aurais voulu!). J’aimerais bien répéter cette expérience, mais malheureusement le parc est fermé jusqu’en février 2009.

 

 

AccroBranches
Album : AccroBranches

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Après avoir mangé, on est parti vers la dune du Pyla, qui est située à l’entrée sud du bassin d’Arcachon. Site classée Monument historique en 1978, la dune du Pyla est la plus haute dune d’Europe (environ 105 mètres d’altitude, qui varie constamment). On y a monté par un escalier en bois, ce qui a été vraiment difficile, parce qu’on était déjà fatigués après les AccroBranches. Mais une fois arrivée au sommet, j’ai oublié tout d’un coup la fatigue. La vue était magnifique: d’une côté l’océan et de l’autre la forêt landaise. C’est là où j’ai vu dans toute sa splendeur la grandeur et le pouvoir de la nature. Malheureusement, la dune progresse chaque année à l’intérieur des terres, sur la forêt (avec un déplacement moyen de 3 à 4 mètres par an). L’avancée de la dune est discontinue, très rapide certaines années et parfois beaucoup plus lente. Dans une quarantaine d’années, si la progression de la dune continue au même rythme, elle atteindra la route de Biscarrosse.

La Dune du Pyla
Album : La Dune du Pyla

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Parce que c’était la première fois que j’étais si près de l’océan, on a décidé (moi avec une fille péruvienne et un garçon de la République Dominicaine) de descendre la dune côté Atlantique pour toucher l’eau, pour la sentir sous nos pieds, pour laisser nos corps être embrassés par les frissons d’émotion et de plaisir amenés par l’eau froide et par l’immensité de l’océan. J’admets le fait que j’aime la montagne, probablement parce que je suis née et j’ai grandi à la mer. Mais l’océan a son charme… C’est une sorte de sortilège, une magie à part, qui t’emmène vers un pays de rêves où chaque désir peut devenir réalité. Il suffit de te laisser porter, entourer par la magie infinie de l’eau et de croire… croire dans le pouvoir des rêves, dans le mystère de l’irréel et dans le charme ineffable des contes. Ne plus rien voir autour de toi, ne sentir plus la terre sous tes pieds… T’allonger sur le sable et oublier de tout et de tous… oublier le monde. Être seul avec le bleu infinie de l’océan, sentir qu’il est à toi, rien qu’à toi, partie d’un domaine qui t’appartient. C’est l’eau qui fait la connexion entre l’espace réel et l’espace onirique, entre lesquels il n’y a qu’une légère frontière. Elle est le liant entre deux mondes. Elle nous soumet, nous ensorcelle, mais en même temps elle nous rend à nous sentir libres, à oublier les convenances, les normes, la routine quotidienne… à n’avoir plus de limites, et à nous laisser porter par l’imagination vers des nouveaux horizons lointaines qui comme ça deviennent tangibles. Trop souvent on est fixé dans notre banale et monotone existence et on oublie d’être nous-mêmes. Trop souvent on oublie que le bonheur ne peut pas être acheté. Trop souvent on oublie d’aimer… L’océan nous rend à nous-mêmes, dans un espace atemporel où on se sent pour un instant immortels. La liberté qu’il nous offre me fait penser à une chanson dont les paroles vont très bien avec cet état:  

 

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Malheureusement ma visite à l’océan n’a pas été trop longue. On a été obligés de retourner vite, parce que les autres étaient en train de partir et il ne nous a resté qu’à remonter la dune à pied et s’enfoncer dans le sable, ce qui a été très fatigant. Mais j’aimerais y revenir et retrouver l’océan qui, tout comme un amant, me prenne dans ses bras et, jaloux de la réalité qui veut m’accaparer, ne me laisse plus partir. Et puis faire l’amour avec lui, un amour insensé et passionnel, toute la nuit et après de l’aube jusqu’à la tombée du jour, jusqu’au grand frisson… m’unifier avec l’infinité bleu… avoir la sensation de voler… de m’étendre sur toute la terre…      

 

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( 9 novembre, 2008 )

Bordeaux, ma ville

J’aime Bordeaux.

Notre histoire (de Bordeaux et moi) est longue, même si ça fait seulement 2 mois que je suis ici. Pendant ce temps-là, j’ai éprouvé des sentiments contradictoires en ce qui concerne Bordeaux, j’ai vécu plusieurs états d’âme, en partant de la haine, en passant par l’indifférence et en arrivant finalement à l’amour. Parce que je dois le reconnaître, au début je détestais Bordeaux. Si quelqu’un m’avait dit alors que j’aurais aimé Bordeaux, je ne l’aurais pas cru. Tout ce que je désirais dans ces moments-là, c’était de rentrer chez moi, en Roumanie. Ce que je faisais, c’était compter. Je comptais les jours, les heures, les minutes qui restaient jusqu’à mon départ d’ici. Tout me semblait désagréable à Bordeaux, tout était pour moi gris, sombre, monotone… Je voyais seulement les aspects négatifs de cette ville et maintenant je me rends compte que je ne faisais rien d’autre que de les amplifier jour après jour par mon attitude. Je n’aimais pas Bordeaux, je n’aimais pas les Bordelais. C’était probablement une réaction au fait que je me suis retrouvée toute seule dans une ville complètement étrangère, loin de la maison et des personnes que j’aimais. C’était pour moi le moment de vivre une nouvelle expérience, ce qui a augmenté le niveau d’anxiété et de stress; cela a été un changement qui a entraîné une sortie du quotidien, de la vie à laquelle j’étais habituée. Je ne croyais pas que je serais arrivée à aimer Bordeaux. Ça n’a pas été un coup de foudre, mais un amour qui a été construit avec le temps et qui s’est glissé dans mon âme presque sans m’en rendre compte. Comment cette chose s’est passée, c’est difficile à expliquer et même à comprendre. Quel a été le facteur qui a déclenché cet amour? Peut-être il y en a eu plusieurs, quand même ça n’a plus d’importance. Maintenant la ville de Bordeaux me semble plus lumineuse, plus dynamique, plus vivante.

Qu’est-ce que j’aime de Bordeaux? Beaucoup de choses. Ce n’est pas mon but d’en faire une liste exhaustive. D’abord, quand on dit Bordeaux, on pense à vin. Le vin est sensationnel, évidemment.  Mais à Bordeaux il y a aussi de nombreux bâtiments avec des façades magnifiques, il y a des monuments architecturels, des rue étroites et intimes… J’aime la pierre de Bordeaux, les bâtiments et les mascarons, les fontaines, les monuments (surtout le monument des Girondins qui est remarquable; il a été construit entre 1894 et 1902 sur la place des Quinconces, une immense place au coeur de Bordeaux, où trônait jadis le Château Trompette). J’aime les édifices religieuses (dont la cathédrale gothique Saint-André est la plus grande et pour moi elle est aussi la plus belle). Si on parle de Chemins de Saint-Jacques de Compostelle en France (inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO), parmi 69 monuments associés au pèlerinage, 16 figurent en Aquitaine, dont 3 à Bordeaux: la cathédrale Saint-André, la basilique Saint-Seurin et la basilique Saint-Michel. J’aime tout le vieux centre historique de Bordeaux. En fin j’ai compris pourquoi Bordeaux a été classé sur la liste du Patrimoine mondiale de l’UNESCO, au titre d’Ensemble urbain exceptionnel. Mais Bordeaux est aussi une ville de création contemporaine. Le Centre d’Arts Plastiques Contemporains a été jusqu’en 1995 le lieu de diffusion des arts contemporains le plus important de France après Paris.

J’aime aussi le jardin public, les musées (pour visiter le musée d’Aquitaine je crois que j’aurais besoin de 3 jours minimum). J’aime me promener sur les quais. J’aime cette ville pendant la nuit, quand elle est baignée de lumière. Et j’aime mes nouveaux amis et surtout cette diversité donnée par des personnes qui viennent de différents pays et de différentes cultures. C’est une diversité bénéfique, dont on peut apprendre de nouvelles choses, on peut développer la créativité, mais surtout on peut renforcer  l’idée que nous tous sommes êtres humains, n’importent les différences d’entre nous. Apprendre à vivre dans une société ouverte, pas interculturelle mais pluriculturelle, où il n’y a pas de discrimination, où il n’y a pas de racisme, mais seulement de l’intégration (en allant plus loin de l’idée de tolérance ou d’assimilation).

Mon Bordeaux
Album : Mon Bordeaux

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J’aime aussi les petites choses qui sont entrées petit à petit dans mon coeur… auxquelles je me suis habituée… manger presque tous les jours au restaurant universitaire (même si parfois la nourriture n’est pas très bonne), faire les courses avec ma copine et acheter du fromage, du pâté basque et du vin… bien sûr! J’aime la baquette que j’achète souvent de la boulangerie qui est près de mon village universitaire… Et il y a encore tellement de choses à découvrir. Évidemment, les aspects négatifs de Bordeaux restent toujours (par exemple, je déteste les moments où il y a trop de monde dans le tram, ou quand les trams ne circulent pas, ou la pluie qui semble parfois de n’avoir aucune intention de cesser!!!), mais tout ça est maintenant sur le deuxième plan. En définitive, c’est difficile d’atteindre la perfection (voir impossible!), donc il n’y a pas une ville, un lieu parfait, partout on trouve toujours des choses que on n’aime pas et des choses qui nous apportent la joie au coeur. Et d’habitude on ne voit pas et on ne se souvient plus que des choses négatives, c’est dans la nature humaine. Et en tant qu’être humain, j’ai fait la même erreur au début. Mais si on pense à nos lieus les plus aimés, le fait qui compte d’avantage, ce n’est pas forcement l’apparence d’une ville, ce n’est pas le fait qu’on vit dans un palais ou dans une chambre universitaire. On aime ce lieu où on se sent bien, où on se sent à l’aise. Où on a des amis, où on trouve le bonheur dans de petites choses. Et Bordeaux est devenu pour moi un tel lieu. C’est cette ville qui me traîne et m’entraîne dans des rêves impossibles, qui ne deviendront jamais une réalité. Dans peu de temps, cette ville a su trouver sa place dans mon âme et j’ai peur qu’elle ne parte jamais. Cette peur provient du fait que dans 3 ou 4 mois je vais être obligée de partir, de quitter Bordeaux. J’ai la nostalgie de mon pays, de ma ville de Roumanie. D’une façon j’ai le désir d’y rentrer plus vite. Mais en même temps je sais qu’une fois y arrivée, Bordeaux va me manquer. Je crois que c’est le grand problème des étudiants Erasmus: ils ne trouvent plus leur place nulle part, ni dans la ville dont ils proviennent, ni dans la ville qui les a adoptés pendant un semestre ou deux. Cette séparation d’une ville ou d’une autre va toujours rendre chagrin au coeur. Il va rester là une place vide qu’il va être difficile de remplir. On va se nourrir de souvenirs… Et peut-être un jour on reviendra dans cette ville d’antan, pour retrouver le passé, pour revivre les moments… Mais les choses ne seront pas les mêmes…

Bientôt je vais laisser Bordeaux derrière moi, mais cette ville aura toujours un lieu dans mon coeur, je ne l’oublierai jamais.

Mon Bordeaux, je t’aime et je t’aimerai…

Suivez ce lien pour regarder « Le Port de la Lune à L’UNESCO »: http://www.bordeaux.fr/ebx/portals/ebx.portal?_nfpb=true&_pageLabel=pgSomRub11&classofcontent=sommaire&id=5134

LILIA SOLA REGVNT LVNAM, VNDAS, CASTRA, LEONEM

( 22 octobre, 2008 )

noir désir

voici une jolie chanson… chantée par des Bordelais

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( 14 octobre, 2008 )

la vie au quotidien

Comme je vous ai promis la dernière fois, aujourd’hui je vais vous parler de mon logement et de toutes les péripéties qui l’ont accompagné. Après avoir appris que mon dossier Erasmus a été accepté, j’ai commencé à chercher un logement à Bordeaux. L’idée de me loger dans une résidence universitaire n’était pas du tout attractive pour moi, parce qu’elle était associée à la foule, au bruit, aux douches et toilettes collectives. J’ai toujours pensé que je ne pourrais jamais m’habituer à tout ça. Mais comme je n’avais pas beaucoup d’argent, le logement universitaire était la seule solution possible pour mon séjour en France. Je me suis dit: je ne vais pas mourir si je vis 5 mois dans de telles conditions!?… Donc, j’ai déposé mon dossier auprès du CROUS (Centre Régional des Oeuvres Universitaires et Scolaires) pour obtenir une chambre dans une résidence universitaire. J’avais la possibilité de faire 4 voeux pour des différents logements, mais comme je ne connaissais pas les bâtiments, j’ai dit que j’accepterais n’importe quel logement. Après 4 mois, quand j’avais déjà perdu tout espoir de recevoir une réponse, elle est arrivée :) . Ils m’ont attribué une chambre au Village 1, sur Talence. J’étais contente d’avoir obtenu cette chambre, parce que je savais qu’il était vraiment difficile de trouver un tel logement.

Enfin, je suis arrivée ici, à Bordeaux, très fatiguée après un voyage de presque 20 heures. J’ai pris le bus de l’aéroport jusqu’à la Gare Saint-Jean, et puis deux trams pour arriver au Village 1, où je suis allée à l’accueil pour m’inscrire. Ils m’ont donné la clé de ma chambre. Quand j’y suis entrée, j’ai été choquée emoticone: face à moi il y avait une petite chambre avec un lit, une armoire, un bureau, deux chaises et un lavabo au milieu de la chambre. Et en plus, il y avait beaucoup de problèmes: je ne pouvais pas fermer la porte de l’armoire, la fenêtre était cassée, les prises de courant n’étaient pas bien fixées aux murs, sur le plafond il y avait des taches dues à l’infiltration de l’eau de pluie (et comme ces jours-là il pleuvait, les taches étaient de plus en plus grandes). Et alors… j’ai commencé mes  »conversations » avec les personnes qui étaient à l’accueil du Village, parce que j’y passais  pour leur dire tous les problèmes auxquels j’étais confrontée dans ma chambre. Les jours passaient et je découvrais, au fur et à mesure, plus de problèmes. Donc, je continuais à faire mes « visites » à l’accueil. Une fois, ils m’ont donné un petit morceau de papier pour y noter tous les problèmes, mais il y en avait tellement, que j’ai à peine eu l’espace pour les écrire tous. En plus, comme si tout ça n’était pas suffisant, je n’arrivais pas à m’habituer aux toilettes collectives, ni aux douches… la cuisine était aussi collective (un autre problème!). Et on n’avait pas de frigo… quel cauchemar!!!

La première semaine à Bordeaux a été vraiment difficile. Mais après, j’ai eu de la chance. Je suis allée à l’université pour m’inscrire et pour parler à madame Mayet (la responsable des étudiants étrangers auprès du Service de Scolarité de l’UFR Sciences de l’Homme). Elle est tellement gentille. C’est grâce à elle que j’ai pu changer de logement. Elle m’a demandé où j’habitais et quand je lui ai dit: Village 1, elle s’est rendue compte que ce n’étais pas du tout bien pour moi. Elle savait que c’est le village le plus vieux et que les conditions ne sont pas trop décentes. Elle m’a aidé à faire une demande auprès du Service des Relations Internationales pour changer le logement. Et pour cela, je lui remercie. Après un mois infernal passé au Village 1, j’ai déménagé au Village 2, qui est un peu plus loin de Bordeaux (à Pessac), mais cela est compensé par les conditions de vie, qui sont humaines.

Village 2 – bâtiment A

 le Village 2 - batiment A

Le restaurant universitaire 2 et sa cafétéria Le Vent Debout

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Ma nouvelle chambre est jolie et j’ai même une fenêtre qui n’a pas de trous. J’y ai accroché des rideaux bleus et j’ai acheté des décorations sous forme de papillons, dans le but de personnaliser un peu ma chambre. Maintenant je peux dire: c’est chez moi, sans avoir honte emoticone. Il reste toujours le problème des douches et des toilettes, mais au moins je n’ai plus peur qu’il va pleuvoir dans ma chambre. J’ai quand même fait des progrès: j’ai commencé à utiliser la cuisine collective. Les choses commencent à s’arranger… Et au moment où je serai complètement habituée à la vie au village, je devrai partir, parce que mon séjour en France sera fini…emoticone

C’est dure, la vie au quotidien…

( 1 octobre, 2008 )

bienvenue sur mon blog!

Je m’appelle Lacramioara Radu et je viens de Roumanie, plus précisément d’Arad, une ville qui se trouve à l’extrémité ouest de la Roumanie, près de la frontière avec la Hongrie.

Arad – Le Théâtre « Ioan Slavici »

teatrul20arad1.jpgArad - L'Hotel de Ville   

                                                                                 

 

 

 

 

 

 

 

Arad – L’Hôtel de Ville

Même si j’habite à Arad, je fais mes études à l’Université d’Ouest de Timisoara, une ville plus grande qui n’est pas loin d’Arad (la distance entre les deux villes est de 52 km). Je suis étudiante à la Faculté de Sociologie et Psychologie, au Master de Psychologie Organisationnelle. C’est comme ça que j’ai eu la possibilité de faire une demande d’admission dans le cadre du programme Erasmus, pour bénéficier de l’opportunité d’étudier à l’étranger. Je crois que le fait d’apprendre à connaître une autre culture, une autre langue, un autre système d’éducation me sera certainement très utile plus tard pas seulement dans ma vie professionnelle, mais aussi dans ma vie personnelle (surtout dans le contexte actuel de la globalisation). J’ai donc commencé à chercher des informations sur les universités partenaires de l’Université de Timisoara. Le choix n’a pas été trop facile, parce que c’est toujours très important de trouver une bonne université, avec une offre de cours qui soit en même temps intéressant et utile pour les étudiants, en vue de faciliter leur insertion professionnelle après avoir fini leurs études. Choisir le pays, ça ne m’a pas posé des problèmes: j’ai toujours rêvé de visiter la France, parce que j’aime beaucoup la langue française. Il restait seulement le choix de l’université. J’ai bien étudié les offres de cours de toutes les universités françaises partenaires et j’ai choisi Bordeaux parce que le master de l’Université Victor Segalen Bordeaux 2 était exactement ce que je cherchais: un master en Psychologie du Travail. Après je me suis renseignée sur ce master auprès des anciens étudiants qui avaient y suivi les cours sous la convention Erasmus et j’ai reçu des bonnes recommandations en ce qui le concerne. J’ai déposé mon dossier de candidature et… voilà, maintenant je suis à Bordeaux, après un voyage long et fatigant. J’ai un logement en résidence universitaire, mais sur ce sujet… je vais vous raconter plus de choses la prochaine fois!

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